Portraits de têtes couronnées
Et de portrait gravé de souverain, aucun ne peut paraître plus impérial que celui de Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780, impératrice du Saint-Empire). La souveraine porte un vêtement à la fois virevoltant et chatoyant, elle est assise sur un trône, placée sous un dais de tissu lourd et précieux flanqué à gauche de colonnes qui ouvrent à travers une arche dans un environnement quasi sylvestre. L’édition de cette Germania liberata est publiée en 1745, l’année où son mari François de Lorraine ayant été élu empereur, elle devient l’impératrice Marie-Thérèse.
Ce prototype de portrait de cour a été formalisé par Rubens et son élève Van Dyck dans les premières années du XVIIème siècle à Gênes pour représenter les sénateurs de la Sérénissime République. Un personnage, dans un costume somptueux, une colonne et une riche draperie, une ouverture sur un paysage naturel... Ces critères vont s’imposer également pour Charles Ier d’Angleterre ou Anne d’Autriche, et deux siècles plus tard, le portrait de l'impératrice Eugénie par Winterhalter est composé sur le même modèle. Au XVIIIème, Gainsborough s’en était fait l’écho dans ses portraits de notables ruraux britanniques luxueusement vêtus au cœur de la campagne anglaise, parfois devant des champs de blé prêts à être moissonnés...