Guillemine, Charlotte princesse de Galles
Oeuvres de Nicolas Boileau Despréaux, avec des éclaircissemens historiques donnez par lui-même Tome 1
Auteur : Boileau, Nicolas (1636 - 1711)
Editeur : Amsterdam chez David Mortier, 1718
Provenance : Fonds Cardinal Fesch
Cette nouvelle édition richement illustrée des œuvres de Boileau est dédiée à la Princesse de Galles, dont on peut admirer le chatoyant portrait. Le contenu de l’ouvrage est identique à celui présenté à ses côtés. Ce doublon provient, pour l’un de la collection du Cardinal Joseph Fesch oncle maternel de Napoléon Ier et grand bienfaiteur de la Ville d’Ajaccio, et pour l’autre du fonds Bibliothèque nationale du Liamone.
Le portrait gravé de Guillemine Charlotte princesse de Galles est l’œuvre de Pieter Stevens van Gunst (1659-1724). Excellent dessinateur, il grava de nombreux portraits dont beaucoup inspirés par le célèbre peintre Van Dyck. Toutefois, pour ce portrait Gunst a pris modèle sur l’œuvre de Godfrey Kneller (1646-1723). Peintre et portraitiste d'origine allemande, Godfrey ou Gottfried Kneller devint peintre officiel de Charles II, roi d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, et de ses successeurs.
Il débute sa formation de peintre avec Ferdinand Bol (1616-1680) qui l’initie aux techniques rembranesques. Il eut par la suite la chance d’être l’élève du peintre Carlo Maratti (1625-1713) et du grand architecte, sculpteur et peintre Bernino Bernini (1598-1680). Une fois arrivé à Londres en 1676, il débuta rapidement à la cour royale et fit le portrait de tous les grands personnages d’Angleterre.
Aujourd’hui, son portrait le plus connu demeure celui d’Isaac Newton (1689). Kneller a réalisé plusieurs portraits de Guillemine Charlotte princesse de Galles, de son vrai nom Caroline de Brandebourg-Ansbach (1683 -1737).
Elle devint Reine consort en 1727 de Grande Bretagne et d’Irlande et épouse du Roi Georges II.
Auparavant, lorsqu’elle était Princesse de Galles, Caroline possédait une vaste bibliothèque au Palais St James et accueillait les intellectuels de son temps. Avisée, elle soutient la variolisation (prémices de la vaccination) et fait même vacciner ses propres enfants.
Le portrait gravé se présente en buste alors que dans le portrait peint, la princesse est montrée de plein pied dans son intérieur. Encore une fois, cette gravure témoigne des échanges et des influences du portrait peint sur le modèle de représentation.
La présence de ce portrait dans l’édition raconte aussi l’importance du mécénat pour les artistes. Il éclaire sur le pouvoir du dédicataire qui favorise et protège la création.