

«J’ai été bien tranquillisée Madame par les bonnes nouvelles que vous voulez me donner si souvent de mon fils, je ne puis attendre le moment de le revoire [sic], et de vous témoigner tous mes remerciemens [sic] pour les soins que vous prenez de lui, car si je ne le savais pas dans d’aussi bonnes mains que les vôtres, j’aurais eu bien les tourments de le savoir loin de moi, dans un aussi cruel moment que ne l’est la dentition. Je suis charmée d’entendre que votre santé s’est entièrement remise, celle de l’Empereur est excellente, il a quitté hier Loo pour faire une tournée par Zwol [sic] et Deventer, mais je l’attends ce soir, pour partir avec lui pour Nymègue [sic]. Je crains bien que vous nous verrez passer le pont de S[ain]t-Cloud avant quinze jours ou trois semaines. Au moins félicitez-vous avec moi de ce que nous avons quitté ce vilain climat d’Amsterdam; il est vrai que nous ne sommes guères [sic] mieux aprésent [sic] car il faisoit [sic] beau et aprésent [sic] nous sommes dans un château fort agréable avec le plus beau parc du monde sans pouvoir sortir à cause de la pluie; il faut convenir que ceci est fort désagréable quand on voyage pour s’instruire. J’ai eu pendant quelques momens [sic] bien peur de la fièvre, je n’avais plus d’appétit et le frisson tous les jours à la même heure mais heureusement le bon air de la Haye, et un gros rhume en ont emporté tous les moindres symptômes. J’ai visité quatre des principales villes de la Hollande, Leyde, la Haye, Delft et Rotterdam, mais j’ai trouvée [sic] qu’elles se ressembloient [sic] tant, que quand on en a vu une, on [n’]a nul intérêt de voir les autres. J’ai été sur les bords de la mer à Skeveling par un tem[p]s assez gros, tous les bâteaux [sic] pêcheurs étoient [sic] rangés dans une ligne et ont salué l’Empereur. Le village étoient [sic] anciennement renommé pour les joujoux en coquillages, notre première pensée fut d’en acheter pour mon fils, l’Empereur me chargea de cette commission mais je les trouvai si horrible[s] que je n’eus pas le courage de vous en envoyer, et que je me contente de lui rapporter des magots de la Chine qui font la culbute. Nous avons eu un chemin horrible depuis Rotterdam jusqu’à Loo, et si étroit que nous accrochions à chaque moment, aussi j’ai eu une peur terrible pendant toute notre journée. J’ai apris [sic] avec bien du plaisir que M. Anatole revient à Paris; j’espère que vous ainsi que madame votre belle-fille serez persuadée de toute la part que je prends à votre satisfaction.Je vous prie d’embrasser mon fils en mon nom, et de recevoir les assurances d’estime et d’amitié avec lesquels je suis votre très aectionnée Marie-Louise. Au château du Loo le 29 octobre 1811.»