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lettre de Marie Louise BONAPARTE

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Lettre de Marie-Louise datée du 29 octobre 1811 au château de Loo. 4 feuillets, 194 x 125 mm.

Jeune mère depuis sept mois, l’Impératrice Marie-Louise demande des nouvelles de son fils, le Roi de Rome, à la gouvernante des Enfants de France, madame de Montesquiou. La santé de l’enfant, en particulier l’arrivée de ses premières dents, inquiète l’épouse de Napoléon. Le couple impérial est alors éloigné de la cour des Tuileries par un voyage en Hollande. Comme rarement, l’ancienne archiduchesse se livre sur des détails de son intimité, notamment son «attente» que l’on imagine trop longue à son goût. Elle informe également apprécier certains lieux, en détester d’autres, mais ne pense pas revenir en France avant plusieurs jours. Elle a multiplié les visites, tenté d’acheter des jouets pour son fils et souhaite faire plaisir à la gouvernante, attendant en retour les mêmes soins envers l’enfant. La signature de Marie-Louise est ici abîmée, les deux premières lettres de son prénom manquant.• Lettre de Marie-Louise datée du 29 octobre 1811 au château de Loo.

Marie Louise Bonaparte


Title 1

Marie-Louise

Succéder à Joséphine comme Impératrice n’a pas été chose aisée pour Marie-Louise. Non seulement, il lui a fallu épouser un homme de vingt-deux ans son aîné mais surtout héritier de la Révolution française. La jeune archiduchesse autrichienne, née le 12 décembre 1791, a été élevée dans la haine de ces Français qui, alors qu’elle n’a que deux ans, ont guillotiné sa tante Marie-Antoinette. En 1810, quelques semaines après le divorce de Napoléon, elle est cependant choisie, contre toute attente, parmi trois princesses européennes. Le général Bonaparte vient tout juste de battre pour la troisième fois les troupes de son père, comme il l’a fait en Italie puis à Austerlitz et Wagram. Il a même occupé Vienne à deux reprises. On lui impose donc d’épouser cet homme qu’elle déteste, par procuration le 11 mars 1810, puis de le rejoindre en France. Les deux cérémonies de mariage, à la fois civile puis religieuse, se déroulent à Saint-Cloud puis au Louvre en avril suivant. Peu de temps après, elle part en voyage de noces et laisse paraître des signes de complicité avec l’Empereur. Elle tombe ensuite très vite enceinte, donnant naissance le 20 mars 1811 au Roi de Rome, désigné comme le nouvel héritier du régime. Elle a cependant peu de temps pour apprécier la vie aux Tuileries. En 1813, Napoléon part combattre les coalisés et elle devient régente. Puis il lui faut dire adieu à son mari en janvier 1814. À la chute de l’Empire, quatre mois plus tard, elle repart à Vienne, devient duchesse de Parme, se remarie au comte de Neipperg, et subit la mort de son fils Napoléon II, devenu duc de Reichstadt, en 1832. Elle épouse en troisièmes noces le comte de Bombelles, puis s’éteint le 17 décembre 1847, quelques mois à peine avant le retour d’un Bonaparte au pouvoir en France

Contenu de la lettre

«J’ai été bien tranquillisée Madame par les bonnes nouvelles que vous voulez me donner si souvent de mon fils, je ne puis attendre le moment de le revoire [sic], et de vous témoigner tous mes remerciemens [sic] pour les soins que vous prenez de lui, car si je ne le savais pas dans d’aussi bonnes mains que les vôtres, j’aurais eu bien les tourments de le savoir loin de moi, dans un aussi cruel moment que ne l’est la dentition. Je suis charmée d’entendre que votre santé s’est entièrement remise, celle de l’Empereur est excellente, il a quitté hier Loo pour faire une tournée par Zwol [sic] et Deventer, mais je l’attends ce soir, pour partir avec lui pour Nymègue [sic]. Je crains bien que vous nous verrez passer le pont de S[ain]t-Cloud avant quinze jours ou trois semaines. Au moins félicitez-vous avec moi de ce que nous avons quitté ce vilain climat d’Amsterdam; il est vrai que nous ne sommes guères [sic] mieux aprésent [sic] car il faisoit [sic] beau et aprésent [sic] nous sommes dans un château fort agréable avec le plus beau parc du monde sans pouvoir sortir à cause de la pluie; il faut convenir que ceci est fort désagréable quand on voyage pour s’instruire. J’ai eu pendant quelques momens [sic] bien peur de la fièvre, je n’avais plus d’appétit et le frisson tous les jours à la même heure mais heureusement le bon air de la Haye, et un gros rhume en ont emporté tous les moindres symptômes. J’ai visité quatre des principales villes de la Hollande, Leyde, la Haye, Delft et Rotterdam, mais j’ai trouvée [sic] qu’elles se ressembloient [sic] tant, que quand on en a vu une, on [n’]a nul intérêt de voir les autres. J’ai été sur les bords de la mer à Skeveling par un tem[p]s assez gros, tous les bâteaux [sic] pêcheurs étoient [sic] rangés dans une ligne et ont salué l’Empereur. Le village étoient [sic] anciennement renommé pour les joujoux en coquillages, notre première pensée fut d’en acheter pour mon fils, l’Empereur me chargea de cette commission mais je les trouvai si horrible[s] que je n’eus pas le courage de vous en envoyer, et que je me contente de lui rapporter des magots de la Chine qui font la culbute. Nous avons eu un chemin horrible depuis Rotterdam jusqu’à Loo, et si étroit que nous accrochions à chaque moment, aussi j’ai eu une peur terrible pendant toute notre journée. J’ai apris [sic] avec bien du plaisir que M. Anatole revient à Paris; j’espère que vous ainsi que madame votre belle-fille serez persuadée de toute la part que je prends à votre satisfaction.Je vous prie d’embrasser mon fils en mon nom, et de recevoir les assurances d’estime et d’amitié avec lesquels je suis votre très aectionnée Marie-Louise. Au château du Loo le 29 octobre 1811.»

Traduction


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