Des monastères aux Universités :
3. A la fin de l’Empire Romain, les ouvrages encyclopédiques sont traduits en latin essentiellement et témoignent d’une transmission de la médecine grecque et byzantine. Durant cette période (Ve-XIe siècles), la connaissance et la pratique médicale sont principalement dévolues aux moines, bien qu’il y eut certainement d’autres thérapeutes (laïc, juif, sage-femme, etc…). Mais les textes les mentionnent rarement. Ainsi, les moines se consacrèrent à la réalisation de nombreux manuscrits, copies de textes antiques ou de nouvelles compositions : l’Hortulus de Walafrid Strabon (IXe), le Macer Floridus (fin du XIe), et la Physica d’Hildegarde de Bigen (XIIe). Parmi les obligations ecclésiastiques se trouvaient celle de porter secours aux pauvres, aux infirmes, aux pèlerins. Ainsi, on met en place les premiers hôpitaux près des évêchés et des monastères.
Dès la fin du Haut-Moyen Age, sous la poussée de l’urbanisation de la société, la médecine se laïcise. En effet, l’enseignement médical se structure. Ainsi l’Ecole médicale de Salerne (Xe-XIe) bénéficie de l’apport des premières traductions latines d’ouvrages médicaux arabes eux-mêmes héritiers de la pensée grecque antique. L’Ecole de Salerne publie à son tour des ouvrages qui font autorité en Europe jusqu’à la fin du Moyen-âge comme le Régime de Salerne (ensemble de prescriptions hygiéniques et diététiques). Dans le courant du XIIIe siècle, les écoles de médecine se structurent en universités. La médecine connaît un développement important. L’enseignement se fonde sur les sources antiques (Hippocrate, Galien) et arabes (Avicenne en particulier). Leurs doctrines, dont celle des quatre humeurs font autorité.
4. Il est à noter qu’en marge de la médecine apparait une nouvelle pratique novatrice : la Chirurgie. En développement, dès le XIIe siècle en Italie, et aux XIIIe et XIVe siècles dans les pays septentrionaux. Certains chirurgiens font preuve d’une réelle audace, notamment Henri de Mondeville (1260-1317) qui préconise le nettoyage des plaies avec du vin avant la pose d’un pansement sec, en s’opposant à la suppuration des plaies, préconisée par les Anciens pour éliminer les humeurs.
Les chirurgiens insistent sur l’importance d’une bonne connaissance de l’anatomie. Ainsi ils contribuent à la pratique de la dissection humaine. Celle-ci était pratiquée dès la fin du XIIIe siècle, dans le cadre légal des études universitaires (il s’agissait d’attester des observations des Anciens) et surtout des autopsies judiciaires.