La méthode scientifique :
Au XIXe siècle, la médecine fait des avancées décisives et pose les bases de la médecine actuelle. En France, depuis la Révolution, l’enseignement théorique est couplé à l’enseignement pratique dans les hôpitaux. Ces derniers ne sont plus, comme au siècle précédent, des hospices où les miséreux vivent entassés, mais deviennent au contraire le lieu dans lequel la médecine progresse. Les médecins comparent soigneusement les symptômes cliniques, les lésions organiques (autopsie, examen des organes et des tissus). Cette méthode dite anatomoclinique va permettre d’individualiser chaque maladie. Dès le début du siècle, l’examen clinique du malade connait une amélioration technique importante : René Laennec (1781-1826) invente le stéthoscope en roulant un papier en cylindre afin de mieux entendre les bruit de la cavité thoracique (l’examen se faisait jusque-là de manière directe oreille contre torse). Bientôt, le stéthoscope devient un cylindre de bois et au milieu du XIXe siècle, il est adapté pour les deux oreilles..
Dans les laboratoires, les recherches biologiques se développent grâce aux améliorations apportées aux microscopes entre 1820 et 1840.Ainsi on découvre que les tissus vivants sont composés de cellules. Sur cette base Rudolf Virchow (1821-1902) découvre le phénomène de production des cellules et leur rôle tant dans le développement de l’embryon que dans celui des tumeurs. Le microscope permet l’une des plus grandes découvertes de ce siècle : les micro-organismes (microbes ou petite vie). Au XIXe siècle, les maladies infectieuses étaient fréquentes et un grand nombre de patients opérés ou de jeunes accouchées décédaient à l’hôpital sans que l’on comprenne ce phénomène. C’est Louis Pasteur (1822-1895) qui va mettre en évidence le rôle des micro-organismes comme agents infectieux. Il démontre qu’à chaque maladie infectieuse correspond un germe. Pasteur découvre également un procédé de chauffage permettant d’annihiler les ferments indésirables du lait (la pasteurisation) et surtout le fait qu’inoculer des souches atténuées protégeait de la maladie (vaccination) !
5. Désormais, et particulièrement suite aux travaux de Robert Koch (1843-1910) les germes sont identifiés comme causes de maladies. Il s’agit dans un premier temps des bactéries (ou bacilles quand ils sont de formes allongée). Koch (partageant le mérite avec Pasteur de fonder la science de la microbiologie) découvre les bacilles de la tuberculose (1882) et du choléra (1883).
D’autres bacilles sont identifiées à cette époque : la lèpre (par Hansen, 1873) ; la fièvre puerpérale (par Pasteur, 1879) ; le tétanos (par Nicolaier, 1884) ; la peste (par Yersin, 1894) et la syphilis (par Schaudinn, 1905)
Le Filtre Chamberland, inventé en 1884 par Charles Chamberland (1851-1908) un collègue de Pasteur permet de retenir les bactéries par le moyen d’une bougie de porcelaine poreuse. L’année de sa conception, il permit de filtrer l’eau des bactéries de la fièvre typhoïde.
Les Virus sont isolés à partir de 1890 : ceux de la fièvre aphteuse (par Löffler et Frosch, 1897), la rage (par Remilinger, 1903 - Pasteur avait cependant déjà découvert l’immunisation en 1885), la variole, la grippe, la varicelle, la rougeole…