bio

Dorothy l’orpheline
Née le 6 juin 1910, Frederica Dorothy Violet Carrington perd son père en 1913, elle a alors trois ans. Sept ans plus tard sa mère est emportée par le cancer. Désormais orpheline, elle est confiée à la famille de sa mère dans la campagne anglaise du Gloucestershire où elle apprend à monter à cheval et à chasser.
1 : Son père (23/08/1844 – 22/03/1913)
Le Lieutenant Général Sir Frederick Carrington, Commandeur de l’Ordre de Saint Michel et de Saint Georges dirigea la « Rhodesian Field Force » en Afrique du Sud pendant la 2e guerre des Boers. Il contribua à la mise en place de la colonie britannique de la Rhodésie ; il était lui-même le fils de Samuel Carrington, un riche marchand de coton de Manchester.
2 : livre de jeunesse de Dorothy Carrington : « Shakespeare complete works »
3 : Dorothy enfant avec sa grand-mère maternelle dans la campagne anglaise
La campagne, des chiens, des chevaux, du sport et beaucoup de livres : l’enfance traditionnelle d’une petite fille dans la gentry anglaise au début du XXe siècle.
4 : livre de jeunesse de Dorothy Carrington : « The Complete works of Tennyson »
5 : Sa mère (1872- 17/06/1921)
Susan Margaret Elwes est la fille du célèbre botaniste et entomologiste Henry J. Elwes qui mena la première expédition scientifique au Tibet. Elle épouse Frederick Carrington en 1897 et met au monde une première fille, Katherin Mary en 1899. En 1909 elle est atteinte d’un cancer du sein. Les médecins préconisent une nouvelle grossesse pour éradiquer la maladie. Elle donne naissance à Frederica Dorothy Violet le 6 juin 1910 à Perrotts Brook, dans le comté du Gloucestershire.
6 : livre de jeunesse de Dorothy Carrington : « Sonnets from the Portuguese » (première page avec poème de Shelley de sa main poème ‘Adonais’)
7 : livre de jeunesse de Dorothy Carrington de Wordsworth : Poetry and Prose (livre tout annoter de commentaires littéraires techniques)
8 : Dorothy enfant, jouant avec son chien devant un manoir
9 : Dorothy enfant avec une raquette de tennis
Sir FRANCIS ROSE : la naissance de Lady Rose
En 1942, en visitant l’exposition « Imaginative Art since the War » aux galeries Leicester à Londres en tant que journaliste, Dorothy rencontre un peintre surréaliste, Sir Francis Rose, quatrième baronnet des Roses de Montréal. Il la demande le soir même en mariage. C’est chose faite en 1943. Francis Rose a débuté sa carrière en créant des décors et des costumes pour les Ballets russes de Serge Diaghilev. Francis Rose collabore par la suite avec Picabia et Fernand Léger. Il expose en 1930 à Paris, avec Salvador Dali, dans la galerie de Marie Cuttoli. Gertrud Stein, son amie, collectionne ses œuvres. Auprès d’elle il côtoie l’élite artistique internationale, il peint son autoportrait et conçoit pour elle et son entourage des illustrations d’ouvrages.
1 : Livre d’art d’André Malraux offert et dédicacé par Francis Rose à Dorothy pour son anniversaire en 1954. Francis qui nommait affectueusement Dorothy « mouse » l’a représenté dans son lit à Ajaccio.
2 : Photographie de mariage « An engagement »
3 : Photographie de Dorothy et de Francis
4 : « Paris France » de Gertrude Stein
5 : « The Alice B Toklas cook book » (illustré par Francis Rose)
6 : « Operas and Plays »de Gertrude Sein (dédicace de G. Stein à F. Rose)
LA MUSE, la londonienne sophistiquée
« Même si elle avait un talent certain pour l’écriture, elle oubliait que son puissant charme résidait dans sa beauté et sa présence féminine, capables d’envoûter un homme par la délicatesse de son élégance, la perfection de sa pose ou l’illusion du désordre d’une boucle de ses cheveux. » Francis Rose in Saying Life en 1961. Dorothy pose pour des photographes comme Pearl Freeman, elle devient l’égérie d’une crème de beauté pour la célèbre marque de l’époque, Pond’s.
1 : Photographies de Dorothy par Derek Adkins
2 : Plan du métro londonien de Dorothy
3 : Photographie de Lady Rose vantant les mérites de la crème de la marque Pond’s Cream. (Évocation dans le texte de son livre The Traveller’s Eye)
4 : Copie du portrait de la jeune Dorothy signé Pearl Freeman
5 : « The Glass of Fashion » de Cecil Beaton
6 : Copie du portrait de Dorothy de 1946 réalisé par Francis Goodman
L’ECRIVAIN VOYAGEUR
La collaboration artistique commence entre Dorothy et Francis Rose. Elle écrit, il dessine. Ainsi illustre-t-il sa première œuvre en 1945, Evelina and the bag of Crimson Seed, un livre pour enfants, expérience qu’ils réitèreront en 1948 dans un deuxième livre pour enfants, The Mouse and the Mermaid. En 1947 elle dédie à Francis Rose The Traveller’s Eye, L’œil du Voyageur. Ce livre se propose de parcourir le monde d’Est en Ouest tel qu’il apparaît dans le récit d’écrivains voyageurs britanniques. Lectrice de ce type de littérature, experte en récits de voyage Dorothy envisage à son tour d’incarner la figure de l’écrivain voyageur. Un soir à Londres, elle fait la rencontre d’un jeune corse ex-combattant de la France Libre qui va donner corps à ce projet. Il décrit son île, sa culture et surtout les géants de pierre de la propriété de son oncle. La curiosité de Dorothy est piquée par ces figures mystérieuses. La Corse vient d’entrer dans sa vie. Entre 1948 et 1954 Dorothy Carrington et Francis Rose y séjourneront quatre fois, avec le projet d’écrire un livre que Francis Rose illustrera, il s’agit de l’ouvrage Granite Island, en français La Corse, île de granit. Alors qu’il rentre à Paris, elle décide de rester et de devenir jusqu’à sa mort l’écrivain voyageur d’une seule île.
1 : livre ancien de famille : « The Relation of a Journey begun an. Dom. 1610, in four books » de Georges Sandys, London 1615
2 : The Traveller’s Eye de Dorothy Carrington, publié en 1947
3 : « A History of the Conquest of Peru » de William H Prescott (historien américain 1796-1859)
4 : « A Sentimental Journey through France and Italy » de Laurence Sterne (écrivain britannique 1713-1768) la date de publication de 1932 est indiquée par Dorothy.
5 : « Orellana discovers the amazon » biographie de Francisco de Orellana navigateur espagnol du 16e par George Millard
6 : « Travels in France and Italy 1787 -1789 » par Arthur Young (agronome britannique 1741-1820)
LA CHERCHEUSE
Dorothy est athlétique, elle adopte le parti pris de voyager à hauteur d’homme, le plus souvent à pied. Elle parcourt la Corse et vit avec et comme les gens qu’elle rencontre. Munie de carnets, elle reproduit les éléments archéologiques ou architecturaux qu’elle découvre et prend note des propos échangés. Lors de son premier séjour en Corse, elle est reçue dans la famille de Jean Cesari et la richesse des échanges, la générosité de l’accueil confirment son choix d’une immersion dans la société corse. Elle se prétend touriste éclairée, elle conçoit pourtant des questionnaires scientifiques systématiques pour collecter des témoignages sur les traditions orales notamment. Elle étaye ses découvertes de lectures fondamentales et met en résonnance les traditions corses avec celles du reste du monde. Intuitivement, dès qu’elle s’intéresse à un champ particulier de recherche, elle contribue à ouvrir des champs de réflexion. En archéologie elle attire l’attention de la communauté scientifique sur différents sites, le premier d’entre eux étant bien-sûr Filitosa. En art, elle identifie la provenance de tableaux à Sainte Lucie de Tallano par exemple et elle participe au recensement des trésors des églises de Corse avec Geneviève Morachini-Mazel. En ethnosociologie elle s’intéresse à la suite de Roccu Multedo aux croyances corses dans le domaine du surnaturel et elle tente d’approfondir l’étude du « mazzerisme ». En histoire elle étudie notamment la famille Bonaparte et Pascal Paoli. Comme elle a collecté les voix des vivants avec méthode, elle a su recourir systématiquement aux textes fondamentaux. Ainsi a-t-elle publié des écrits de Charles Bonaparte et s’est-elle attachée à contribuer à l’édition de la Constitution de Pascal Paoli.
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