Avant l'empire et le néoclassisme
Avant l’Empire et le Néoclassicisme : théoriciens de la Renaissance et interprétations du Baroque. Un fond d’ouvrages unique et remarquable sur l’Architecture et les Beaux-arts à la Bibliothèque Fesch.
L’aiguillon du Néo-classicisme a été la découverte d’Herculanum et de Pompéi, puis la correspondance que l’on a établi entre l’art grec : démocratique ; et l’art romain : patriotique. Mais déjà, la Renaissance avait cherché à théoriser l’héritage que nous avions reçu de l’Antiquité, tandis que l’époque baroque est allée plus loin en le réinterprétant.
Architecture : l’héritage antique et la renaissance italienne
Pour connaitre l’architecture antique, seuls nous éclairent les écrits de Marcus Vitruvius Pollio dit Vitruve que l’on complète par l’observation des vestiges qui nous sont parvenus.
Divisé en dix « livres », De architectura traite des principes généraux de l’architecture, des types de monuments de l’Antiquité et de questions techniques diverses. Dans le fonds Fesch (lien vers encadré), nous en possédons 3 exemplaires dont le plus ancien date de 1552 et le plus récent de 1684. Le "De Architectura" définit de manière très précise les ordres d’architecture : le dorique, l’ionique, le corinthien et le toscan ou étrusque. Dans une Europe qui vénère les modèles antiques, mais qui ne connait l’architecture romaine que sous la forme des ruines, au moins jusqu’à la découverte de Pompéi, l’ouvrage aura une diffusion considérable. Son influence sur l’architecture européenne des XVI-XVII-XVIIIème siècles est incomparable. Ainsi, Claude Perrault, architecte du roi, architecte aussi de la colonnade du Louvre, en donna une édition française illustrée en 1673.
Avant eux, Palladio tenait Vitruve pour son maître. Né en 1508 à Padoue et mort en 1580 à Vincenze, Andrea di Pietro della Gondola dit Andrea Palladio est l’un des grands architectes de la renaissance italienne.
A la suite d’Alberti, auteur de L’architecture et l’Art de bien bastir, et de Serlio, et de Vignole (Regola delli cinque ordine d’architettura), Palladio analyse les proportions des édifices antiques mais lui, en même temps, anticipe sur le travail des architectes baroques en interprétant les modèles romains pour inventer une vision de l’architecture qui lui est propre. C’est notamment dans le domaine de la villa que son apport va être le plus marqué, au point que l’architecture anglaise du XVIIIème siècle s’en inspirera encore fortement.
La bibliothèque Fesch lien vers l’encadré fin de page compte 2 exemplaires de les Quatre livres de l’Architecture d’Andréa Palladio (l’un de 1581, l’autre de 1650) . Le livre le plus étonnant de Palladio nous a été légué par le Cardinal Fesch qui était plus qu’amateur de l’œuvre de Palladio. Le 25 ventôse An VIII, il s’offrit l’Hôtel Hocquart de Montfermeil à Paris. Cet Hôtel réalisé par le grand architecte français Ledoux est directement inspiré de la Villa Rotonda de Palladio !
Peinture : du prélude au baroque au néo-classicisme
La peinture des anciens romains est presque totalement inconnue jusqu’à la découverte d’Herculanum et de Pompéi. Mais on considère Raphaël comme le digne héritier de l’Antiquité par l’élégance et l’harmonie de ses peintures. Parmi ses continuateurs, les Carrache unifient la composition des bas-reliefs antiques avec l’imitation de la nature du courant naturaliste
Le fonds Fesch raconte dans ses collections cette histoire de la peinture. On aborde la peinture à fresque de la Rome antique dans le catalogue d’Ottavio Bayardi le pitture antiche d’Ercolano e contorni incise . Imaginez la stupeur face à ces œuvres d’Herculanum ensevelies pendant des siècles, qui semblent au moment de leur découverte d’une étonnante modernité. Ces visages figés par des artistes inconnus vont marquer durablement les imaginaires des Européens ! Et inspirer un nouveau courant artistique : Le Néo-classicisme.
Lucien Bonaparte et le Cardinal Fesch
Lucien Bonaparte et le Cardinal Fesch nous ont légué un corpus important d’ouvrages sur l’histoire de l’architecture de l’antiquité romaine au XIXe européen. Cette collection témoigne de leur goût pour toutes les formes d’art. Goût qu’ils ont transcrit dans tous les aspects de leurs vies : dans le choix de leurs demeures et palais, le soin qu’ils ont apportés à la décoration et à l’ameublement, dans l’acquisition de collections d’antiques et dans la création de galeries de peintures et de sculptures ! Toutefois, le plus grand collectionneur de la famille Bonaparte demeure le Cardinal Fesch qui a offert à la Ville d’Ajaccio une somptueuse collection de peintures italiennes du 13e au 19e siècle, d’objets et sculptures sur l’Histoire Napoléonienne et bien sûr sa Bibliothèque de plus de 8000 ouvrages, comprenant un très beau fond de manuscrits.
Pietro della Gondola dit Andrea Palladio
Andrea Palladio, architecte de la Renaissance, est qualifié de « Vitruve des temps moderne ». Il naît en 1508 à Padoue et meurt à Vicence en 1580. Il travaille tout d’abord comme tailleur de pierres à Vicence, en Vénétie dans le nord de l’Italie. Formé par ses maitres Giovanni di Porlezza et Girolamo Pittoni, au goût du bel "antique", il se découvre dans les années 1530 une passion pour l'architecture. Il complète sa formation lors de plusieurs voyages à Rome et grâce à l’étude attentive des anciens. Il devient le spécialiste du style classique et écrit plusieurs traités d’architecture, dont les Quattro Libri (Quatre livres), synthèse de ses travaux d'architectes imprimé à Venise en 1570. La bibliothèque Fesch compte 2 exemplaires de cet ouvrage, l’un de 1581, l’autre de 1650. Passé dans la postérité pour ses "villas palladiennes" dans la campagne de Vénétie, il y construit une trentaine de villas entre 1550 et 1580 dont la plus célèbre est la Villa Rotonda. Cette villa, admirée aujourd’hui encore, est considérée comme la synthèse, absolue et paradoxale à la fois, des deux composantes majeures de l’architecture du Cinquecento : le classicisme vitruvien et le maniérisme moderne. Il construit également à Venise plusieurs églises, notamment San Giorgio Maggiore et le Redentore.
