Découverte


De plus, la découverte du nouveau monde, les relations de voyages des savants accompagnant les explorateurs, la découverte de nouvelles contrées et donc de nouveaux spécimens végétaux incitent les botanistes à revoir les textes anciens et décrire plus précisément les plantes. Les voyages étant plus faciles, ces connaisseurs de plantes bougent, explorent, décrivent… l’intérêt étant de travailler directement sur site. Ils ramènent leurs découvertes, commencent à les cultiver dans les premiers jardins universitaires afin de suivre leur développement à des fins de description. Ainsi, ces jardins d’étude des plantes représentaient-ils le lieu idéal pour apprendre à reconnaître les véritables plantes médicinales. De fait, les premiers jardins botaniques voient le jour en Europe.
C’est ainsi qu’au cours du XVIIe siècle, la botanique commence de se séparer de la médecine. Pour autant, la botanique reste encore descriptive. La mode est aux voyages naturalistes, bien souvent menés par des religieux, en marge de leur mission d’évangélisation.

Paolo Boccone


Parmi eux, un italien originaire d’une famille noble de Savone, en Ligurie, se livrant de bonne heure à l’étude des sciences naturelles, en Sicile, a entrepris de nombreux voyages tant en Italie que dans le reste de l'Europe. Paolo Boccone est né à Palerme en 1633. Il a étudié la botanique à Rome et s’est livré à de nombreuses herborisations dans l’objectif de découvrir des plantes non encore décrites, ou dont la description est controversée et bien évidemment pour découvrir des plantes rares.

Image
Image

L’exemplaire conservé à la Bibliothèque d’Ajaccio


Ses expéditions le conduisent en effet à herboriser en Sicile d'abord, puis en Corse, à Malte, en Angleterre, en Ecosse, en Hollande, en Belgique, en Allemagne et jusqu'à la frontière russe. Ses travaux sont connus de toute l'Europe scientifique et loués par Tournefort et Jussieu. Paolo Boccone fut nommé botaniste du Grand-Duc de Toscane, Cosme III. Il constitue ainsi des herbiers qu’il offre aux nobles qui financent ses voyages. Boccone herborise en Corse en 1677 et y décrit 77 nouvelles espèces rares. En 1697, son ouvrage Museo di piante rare della Sicila, Malta, Corsica, Italia, Piemonte e Germania est publié à Venise. Cet ouvrage est conservé dans les deux bibliothèques insulaires.

 

Boccone herborise en Corse en 1677