Théophraste élargit les connaissances botaniques de l’époque, qu’il compile dans neuf volumes d’un immense travail, traitant de plantes lointaines et pas uniquement utilitaires, révélées notamment par les expéditions de son ami Alexandre le Grand. Ces guerres nécessitant la construction de navires, la production de bois devient un sujet de première préoccupation. Il faut ainsi étudier les ressources offertes par les plantes locales mais aussi exotiques. La botanique occupe donc un rôle économique important et Théophraste s’intéresse à la foresterie.
Théophraste trace les premières lignes de l’histoire forestière de la Corse en décrivant la forêt de Laricio :
« bien que les bois du Latium soient extrêmement beaux, ce n’est rien à côté de ceux de Corse. [...] Ainsi donc, soit parce qu’elle est laissée à l’état de nature, soit à cause de son sol et de son climat, la Corse l’emporte de loin sur les autres régions. » et en relatant une tentative romaine pour établir un chantier naval en Corse : « Un jour, dit-on, les Romains, voulant se donner une flotte qu'ils construiraient dans l'île, s'y transportèrent avec vingt-cinq bateaux ; la taille des arbres y était telle que pendant leur reconnaissance de golfes et de rades, la rupture de leurs mâts les fit aborder dans une épaisse futaie. Du reste, l'île tout entière était boisée et comme assauvagie par la forêt ; aussi renoncèrent-ils à fonder leur ville. Quelques-uns cependant se frayèrent un passage et abattirent sur un espace restreint une énorme quantité de bois qui leur permit de former un radeau de telles dimensions qu'ils l'équipèrent de cinquante voiles ; celui-ci néanmoins se disloqua en haute mer»
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Même si certains rhizotomes s’adonnaient encore à certaines pratiques rituelles, notamment pour les conditions de cueillette, beaucoup ont participé à la reconnaissance et à la publication d’observations végétales pertinentes. A une époque où méthode et classification étaient inconnues, ils ont ainsi contribué à la transmission du savoir botanique à travers le temps. Les noms des plantes restent en effet quasiment ceux donnés par ces « coupeurs de racines » pendant plusieurs siècles, jusqu’à l’avènement de la classification binominale de Linné, dans la première moitié du XVIIIe siècle, qui conserve d’ailleurs, et aujourd’hui encore, les noms donnés par les savants antiques, tels que Anchusa, Anemone, Anthemis, Aristolochia, Iris, ou encore Helleborus, Hyoscyamus, Oenanthe, Narcissus, Scilla et beaucoup d’autres…
Plus tard, Apuleus Barbarus, ou encore Pseudo-Apulée, rédige l’Herbarius, un livre de botanique comportant l’analyse de 132 plantes différentes, au VIe ou Ve siècle après JC, dont le plus ancien manuscrit conservé date du VIe siècle. La première édition imprimée de l’Herbarius date de 1481.