E cullezzione

LA PATRIMONIALE ET SORBONNE université
Le partenariat entre la Ville d’Ajaccio et Sorbonne Université permet d’étudier différents champs du savoir largement représentés dans les collections anciennes de la bibliothèque patrimoniale Fesch. Comme en témoignent ses collections très encyclopédiques, la bibliothèque Fesch avait été conçue comme une bibliothèque d’études. Les livres, tirés des confiscations révolutionnaires, couvrent tous les champs du savoir et permettent d’étudier l’évolution des pensées et des sciences du XViéme siècle jusqu’à nos jours. La mission de recherche porte sur les fonds de sciences humaines et les fonds des sciences et techniques : philosophie, philologie, langues et littératures latine et grecque antiques, astronomie et médecine antiques et modernes.
Le PARTENARIAT
Sorbonne Université et la Ville d’Ajaccio ont annoncé le renouvellement de leur partenariat de recherche pour les 3 années à venir. Ce partenariat et l’intérêt que porte Sorbonne Université sur les ouvrages de la Bibliothèque Fesch illustrent le caractère exceptionnel de ce fonds et sa nécessaire valorisation auprès de la communauté des chercheurs à travers le monde.
Poésie
T 227. Opere di TERTULLIANO tradotte in toscano — Roma, Pagliarini, 1756, in-4.Auteurs chrétiens de l’Antiquité
Ce livre, qui provient de la collection du cardinal Fesch, renferme la première traduction en italien de plusieurs traités de Tertullien, le premier grand écrivain latin chrétien, qui vécut à Carthage, au tournant des IIe et IIIe siècles. Imprimé en Italie, où l’on en conserve encore plusieurs exemplaires, l’ouvrage
est rarissime dans les bibliothèques françaises : en dehors de l’exemplaire de la Bibliothèque Fesch, un seul exemplaire est répertorié à l’heure actuelle dans les catalogues, à Nîmes (Bibl. Carré d’art, Sem. 508).
La traduction en toscan est due à Maria Selvaggia Borghini (1654-1731). Versée en philosophie, mathématiques et théologie, cette noble dame pisane était aussi une poétesse reconnue, insérée dans le milieu lettré pisan et florentin de l’époque. Elle entreprit la traduction d’une partie des œuvres de Tertullien en 1717-1718, au cours d’une crise religieuse. La majeure partie de ses traductions, accompagnées du texte latin, fut publiée après sa mort, en 1756, chez les frères Pagliarini, à Rome. Dans la préface, Giovanni Gaetano Bottari loue la réussite littéraire d’une entreprise qui représentait un véritable défi : rendre en toscan un auteur réputé difficile et obscur.
Trois autres traités furent publiés séparément en 1841. L’épitaphe de son tombeau à Pise garde le souvenir de son travail de traductrice : italica Tertulliani interpretatio magnam nominis celebritatem conciliauit (« sa traduction de Tertullien en italien lui valut une grande renommée »).
texte de Laetitia Ciccolini, Maîtresse de conférences en langue et littérature latines à Sorbonne Université.

Médecine
Costume porté par les médecins de peste reproduit dans leTraité de la peste recueilli des meilleurs auteurs anciens et modernes du médecin Jean-Jacques Manget publié à Genève en 1721, peu après l’épidémie de peste de Marseille, accompagné de la légende :
« Habit des Médecins et autres personnes qui visitent les Pestiférés, Il est de marroquin de levant, le masque a les yeux de cristal, et un long nez rempli de parfums ».
D’après une gravure représentant le médecin néerlandais Isbrand van Diemerbroek (1609-1674), devenu célèbre pour avoir soigné les pestiférés lors de l’épidémie qui frappa Nimègue (Pays-Bas) en 1636.
Le nez en forme de bec est rempli d’aromates et de parfum (fleurs séchées, herbes, épices, camphre ou éponge de vinaigre) dans le but d’éloigner les miasmes présents dans l’air et supposés être la cause principale de l’épidémie. La baguette en bois était utilisée pour examiner les pestiférés sans les toucher.
Seuls trois exemplaires de cette édition de 1721 sont répertoriés par le SUDOC (Service universitaire de documentation, le catalogue en ligne des bibliothèques universitaires françaises) auxquelles il faut à présent ajouter celui de la bibliothèque Fesch. L’ouvrage dut connaître quelque succès puisqu’il fit l’objet l’année suivante d’une réédition à Lyon (mais qui ne contient pas la fameuse gravure).
Littératures, arts et savoirs de l’Antiquité à la Renaissance : Études sur le fonds ancien de la Bibliothèque patrimoniale Fesch.
Cet événement s'est tenu à la bibliothèque Patrimoniale les 22 et 23 janvier 2026 . Cette journée a permis aux membres de l’équipe scientifique pluridisciplinaire coordonnée par Madame Hélène Casanova-Robin, Professeure de littérature latine à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, Directrice du Laboratoire Rome et ses renaissances, membre senior de l’Institut Universitaire de France, de présenter les résultats de leurs recherches sur les collections anciennes de la Bibliothèque patrimoniale Fesch réalisées ces deux dernières années.
Ce projet de recherche a porté sur plusieurs champs du savoir développés dans la littérature antique et qui constituent le fondement des sciences modernes. Sont ainsi concernés, au sein de la Bibliothèque, à la fois les fonds de sciences humaines et les fonds des sciences et techniques : philosophie, philologie, langues et littératures latine et grecque antiques, astronomie et médecine antiques et modernes.
Ce colloque a marqué la fin de premier parcours d’exploration du fonds Fesch et le début d'un nouveau cycle.
